l’actualité sociale du groupe accor selon la CFDT

La CFDT a toujours été partie prenante dans l’action du groupe pour l’emploi des personnes handicapées dont les premières initiatives remontent à 1992. Signataire d’un accord de groupe à ce sujet début 2006, la CFDT a affirmé ce soutien tout en insistant lors des négociations, sur la nécessité d’améliorer les possibilités de reclassement des personnes déclarées inapte suite à un accident du travail ou à une maladie.
Sur le terrain, nous sommes dans l’obligation de constater que ces reclassements s’effectuent très difficilement et se soldent souvent par un licenciement après des démarches stressantes, dévalorisantes et pénalisantes pour les salariés concernés.
Pourtant, le groupe est en droit d’obtenir des financements pour modifier l’ergonomie des postes de travail, introduire des équipements spéciaux, etc. afin de leur faciliter la vie.
Et c’est là où le bat blesse !
D’abord, il faut mentionner que cette cotisation est relativement élevée et se calcule en fonction du nombre de « manquants » à l’appel des 6% de personnes handicapées dont l’entreprise a l’obligation d’employer.
Grâce à l’accord de groupe, les cotisations destinées à financer les actions en faveur des personnes handicapées, dont ces reclassements, au lieu d’être versées à un organisme spécialisé (l’AGEFIPH) sont retenus dans le groupe et gérées en interne.
Malheureusement, la direction semble préférer employer ces fonds à des « actions spectacle » de promotion d’une image pro-handicap plutôt qu’à sauvegarder les conditions de vie des salariés pour la plupart usés, devenus handicapés après de nombreuses années d’ancienneté.
Quel réconfort pour un salarié déprimant en raison de la réduction de ses capacités physiques, face à un licenciement pour inaptitude, de savoir que le groupe affecte des personnes valides à l’animation d’un site intranet de promotion de l’emploi des personnes handicapées ?
La lecture du bilan d’application de cet accord laisse en effet un goût amer. Déjà, la notion d’établissement concerné permet au groupe de retenir sa propre définition. Le nombre de personnes handicapées réellement employés représente seulement 2,4% de l’effectif du groupe Accor France (relevant de la législation française). Excluant les établissements de moins de 20 salariés, le groupe calcule 3,52% tout en désignant des « mauvais élèves » qui sont des filiales hors hôtellerie. A ceci, on peut rajouter du travail confié à des ateliers protégés extérieurs mais on est toujours loin des 6%. Notons que le groupe joue sur la notion d’établissement et non celui du groupe. S’il était aussi volontariste, est-ce le bon choix ?
En réalité, le groupe trouve son compte en finançant des actions de prévention et de formation qui, sans l’accord, seraient à la charge d’autres budgets. Ces actions reflètent l’image « citoyenne » du groupe.
Ainsi, une série d’affiches promotionnelles a été réalisée. Un DVD « Gestes et postures » autrefois relevant du budget formation a été compté sur le budget « Agefiph ». Autrement dit les formations de base des employés sont désormais financés par des fonds publics de prévention du handicap. Le budget formation est donc libéré pour les formations commerciales et des formations spécifiques à l’encadrement. Même certaines d’entre elles, comme les stages de « sensibilisation à l’emploi des personnes handicapées », à l’intention de la hiérarchie, sont imputés au budget AGEFIPH.
Cela ne s’arrête pas là ! Accor a financé par ce biais en 2006 près de 2 000 lits ergonomiques (avec un dispositif de levage). Le bilan omet de signaler si ces lits sont la version large qui équipe les chambres en promotion avec des matelas plus épais, des édredons plus lourds et des oreillers à profusion dont les femmes de chambre du monde entier se plaignent.
On sait qu’ils équipent les hôtels haut de gamme (Sofitel, Novotel, Mercure, Thalassa) dont les marques sont concernées par la promo.
La CFDT invite le groupe Accor, qui se veut un champion de la responsabilité sociale, à réorienter l’utilisation de ces fonds vers les salariés qui en ont besoin plutôt qu’à l’exploiter à des effets publicitaires.

 

Pour la première fois, lors des élections du 26 juin dernier, la CFDT est devenu majoritaire parmi les employés de l’hôtel obtenant 2 sièges sur 3 au Comité d’Entreprise. En voix exprimées, cela s’exprime de façon plus éloquente, les listes CFDT ayant obtenu 10 voix de plus que l’organisation concurrente la plus proche, soit 46 et 36 respectivement. Parmi les délégués du personnel, la CFDT remporte également deux sièges, cette fois sur 5, élus encadrement compris.
Félicitations à cette équipe dynamique qui entend peser sur les conditions de travail et d’emploi au sein de l’un des plus vieux Sofitel du monde.

 

La CFDT a conforté sa position en obtenant un siège titulaire et un siège suppléant lors des élections du Comité d’Entreprise du 30 mai dernier.

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