Ce dispositif est de nature à porter atteinte à la liberté et à la dignité humaine. Aussi son utilisation est strictement encadrée par la loi.
Il faut avant tout justifier d’un intérêt légitime lié à la sécurité des biens et des personnes présentes dans l’établissement.
De cet intérêt légitime, l’employeur peut-être amené à contrôler l’activité professionnelle de ses salariés, mais l’utilisation d’un système de vidéosurveillance dans le seul but de surveiller les salariés est interdite.
En effet, les moyens utilisés pour le contrôle de l’activité professionnelle des salariés doivent toujours être proportionnés au but recherché. Or, dans la mesure où la vidéosurveillance est de nature à porter atteinte à la liberté individuelle du personnel, il s’agit d’un moyen de contrôle démesuré, donc interdit quand il est détourné de l’objectif pour lequel elle a été installée, et qu’il a pour but exclusif de surveiller le personnel.
Le but des caméras doit être d’assurer la protection des biens et des personnes. La configuration des lieux filmés doit répondre à cette exigence.
Les vidéosurveillances avec transmission à un poste central et enregistrement, ou avec simple visionnage d’images sans transmission sont soumises à autorisation.
Aussi, en cas de vidéosurveillance avec enregistrement d’images, le délai de conservation de l’enregistrement est de 1 mois maximum. Passé ce délai, l’enregistrement doit être détruit.
A cet égard, il doit être tenu un registre mentionnant les enregistrements réalisés, et pour chacun d’eux, la date de leur destruction.
La loi exige que les caméras soient installées à des endroits utiles à la protection des personnes et des locaux. Il pourra être demandé à l’autorité préfectorale de vérifier si l’implantation des caméras est justifiée par rapport aux risques d’agression ou de vol auxquels votre établissement est confronté, compte tenu de sa configuration.
L’installation de caméras de vidéosurveillance ne dispense pas l’employeur de l’obligation de respecter la dignité du personnel.
Aussi, il faut savoir que le code du travail prévoit que « aucune information concernant personnellement un salarié(…) ne peut-être collectée par un dispositif qui n’a pas été porté préalablement à la connaissance du salarié. »
Les délégués du personnel et les membres du CE doivent être informés et consultés sur le dispositif de vidéosurveillance mis en place.
Toute personne concernée par un enregistrement d’images réalisé par le système de vidéosurveillance dispose d’un droit d’accéder à ces informations. Dès lors qu’elle a été filmée dans ce cadre, une personne peut donc s’adresser au responsable du système afin de pouvoir visionner ce qui a été filmé sur lui, et vérifier que l’employeur a bien détruit les enregistrements vieux de 1 mois ou plus.