Le comité d’entreprise européen du groupe Accor a eu lieu du 5 au 7 décembre 2011 à Genève. Il a permis aux participants européens de recevoir des informations sur la situation économique du groupe, mais aussi d’échanger sur les pratiques sociales et managériales.
ACCOR arrive au 5eme rang mondial de l’hôtellerie tandis qu’il est largement dominateur au niveau européen.
Le groupe ACCOR est leader en termes de chambres dètenue en propriété ou en location, mais s’est largement engage dans un processus de rééquilibrage au profit de la franchise.
Avec la scission du groupe en 2010, le recentrage sur l’hôtellerie s’est accéléré et le premier semestre 2011 est marqué par la cession des participations dans les services à bord des trains et dans le groupe Lucien Barrière et celle de Lenôtre cédé au groupe SODEXO, ACCOR est désormais un groupe exclusivement hôtelier.La stratégie du groupe est orientée depuis 5 ans environ vers les marques et la franchise.
Et pourtant un certain nombre de marques posent interrogations Motel 6
(performances négatives) Sofitel et Pullman (rentabilité inférieure aux exigences du groupe), aussi l’activité thalassothérapie a t- elle vocation à rester dans le groupe ?
L’endettement du groupe étant désormais faible, comment seront répartis les cash-flow du groupe entre actionnaires, investissements et salaries ?
L ‘ Europe représente 56% du parc hôtelier du groupe Accor.
L’évolution des effectifs du groupe est la conséquence des stratégies de recentrage sur l’activité hôtellerie.
ACCOR a une position de leader incontestable en Europe, possède des marques à forte notoriété notamment dans l’économique et le milieu de gamme et une présence sur l’ensemble des segments, mais une concurrence forte la menace dans le domaine de la franchise.
Les membres CFDT ont fait valoir qu’en France, le changement de mode de gestion (passage en Franchise ou gestion) peut avoir pour conséquence la perte d’avantages liés au statut ACCOR, à savoir notamment:
- remise en cause d’accords collectifs (avantages sociaux, conditions d’emploi) ;
- remise en cause de rémunérations annexes (participation, intéressement) ;
- diminution ou disparition des institutions représentatives du personnel.
Ces conséquences sont réelles malgré un accord sur les principes et modalités de gestion et d’accompagnement du transfert des salaries dans le cadre de la cession
d’hôtels.
Les dirigeants du groupe ont exposé un état des lieux de la stratégie du groupe.
Ainsi, le parc du groupe compte au 30 septembre 2011 sur 524 000 chambres :
- 25% de franchise ;
- 23% de management ;
- 19% de location variable ;
- 18% de location fixe ;
- 15% de propriété.
L’objectif de l’organisation par marque est de supporter la stratégie de renforcement des marques ACCOR et de dèvelopper une forte complémentarité entre un spécialiste et un opérationnel terrain.
Lors de ce comité, Denis Hennequin qui venait répondre aux questions des participants a réaffirmé que la stratégie du groupe ne sera jamais basée sur le modèle américain. On aura un groupe sur 3 jambes : une partie filiale, une partie franchise et une partie managée.
La CFDT a réaffirmé son attachement au modèle axé sur la filiale afin que les salariés bénéficient des avantages du groupe (mutuelle, intéressement, participation, couverture conventionnelle…).
Le PDG de Accor a souligné que la création des 3 marques IBIS permettait malgré tout le maintien de différenciation entre ces 3 entités et que les structures juridiques de ces 3 marques seraient conservées.
Enfin, les membres CFDT du CEE ont demandé une redistribution plus équitable des bénéfices entre les actionnaires et les salariés, bien entendu en faveur de ces derniers.
En réponse, Denis Hennequin fait valoir que l’année 2012 s’annonce compliqué mais qu’il ne faut pas anticiper les négociations salariales qui auront lieu au premier semestre.
Pour la France, M. Recher, nouveau DRH groupe, répond que, concernant l’application de la Loi Sarkozy (Prime de dividende), Accor envisage d’augmenter la réserve de participation, plutôt que le développement de l’actionnariat salarié qui serait défavorable dans la situation actuelle de la bourse. Ce point devra faire l’objet d’une négociation avec les organisations syndicales du groupe.